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Pédopsychiatre, le Dr
Olivier Revol dirige un service de neuropsychiatrie de l’enfant à l’Hôpital
neurologique au CHU de Lyon. Il y reçoit
un grand nombre d’enfants en difficulté. Olivier Revol est
l’auteur de « Même pas grave,
l’échec scolaire ça se soigne » et
« J’ai un ado…mais je me
soigne » Les causes d’échec scolaire sont multiples. Chaque enfant
est différent, avec ses points forts et ses maillons faibles. En France, on
traite les difficultés scolaires comme un symptôme : « il ne veut pas
grandir », « il n’est pas intelligent », « il est
fainéant »…etc. Leur condition d’élèves s’est légèrement améliorée depuis que des partenariats ont été créés avec l’EN. On essaie aujourd’hui de débusquer chez chaque enfant ses points forts….mais il faudrait aller beaucoup plus vite. Depuis la dernière étude PISA qui classe la France en dessous de la moyenne de l’OCDE, nous avons pris conscience de notre retard. L’échec scolaire conduit à une sortie du système sans diplôme ni qualification. Aujourd’hui 20% des enfants français sont concernés. Cela représente 160 000 jeunes. C’est beaucoup trop !! Pour réussir à l’école, il faut certes des compétences mais il faut également s’y sentir bien et être motivé. Dans certains pays, les enfants sont heureux d’aller à l’école. En France, le système scolaire a longtemps eu pour mission de former des élites. L’enfant standard s’adapte mais l’enfant différent reste sur le carreau. La situation est d’autant plus intolérable que la plupart des enfants en échec scolaire sont des enfants intelligents. Leurs problèmes d’apprentissage sont liés à une altération d’une partie du système cognitif mais le reste du cerveau fonctionne très bien ! Un enfant intelligent qui est en difficultés scolaire est
instable, bouge, perturbe la classe ou se replie. Le trouble du comportement se
rajoute et aggrave la démotivation qui aggrave les troubles du comportement. La
boucle est ainsi bouclée. A chaque fois, l’histoire se répète : la
maitresse n’en peut plus, elle craque, les parents culpabilisent, l’enfant va
mal… Ce n’est pourtant la faute de personne : ni de la maitresse, ni des
parents !! Depuis la loi de
2005, l’EN tend la main. Il y a des passerelles entre EN et la santé. Il faut y
croire. Le jour où tout le monde travaillera main dans la main, on aura tous
gagné. Pour rappel : Dyslexie : 5 à 8% à altération spécifique, durable et significative de l’acquisition de la lecture entrainant chez l’enfant un retard de lecture supérieur à 18 mois. L’intelligence est normale ou supérieure, il y a absence de trouble de la personnalité et l’audition est bonne. On compte 7 garçons dys pour une fille. Le retentissement psychosocial est important, l’incidence est variable selon les pays (plus la langue ne se lit pas comme elle s’écrit, plus elle est difficile pour les dys : les 2 langues les plus compliquées sont l’anglais et le français...L’anglais est quasiment impossible à apprendre pour un enfant dys). Dysphasie : 1% à La dysphasie est un trouble durable de l’acquisition de la parole et du langage. Dyspraxie (TAC : trouble d’acquisition de la coordination): 5% à trouble du geste et de la coordination motrice, maladresse. Les troubles praxiques nuisent à la réussite scolaire. Plus les enfants grandissent et plus les difficultés sont visibles (difficultés constantes d’organisation et de structure). Ils sont déjà épuisés lorsqu’ils arrivent à l’école. Dépression : 4% des enfants dans une classe. La dépression de l’enfant est sournoise et vient se fixer sur les anciennes cicatrices. Elle se manifeste là où il y a des problèmes. On n’a jamais vu autant d’enfants qui ont des TOCS qu’aujourd’hui (3% des enfants d’une classe). Troubles de l’attention : On estime que 5% environ des enfants sont concernés par le TDAH. Ce trouble est caractérisé par des difficultés à se concentrer « je suis très facilement distrait », une impulsivité marquée « j’agis avant de réfléchir », et une agitation incessante « je bouge trop et je ne peux pas m’en empêcher ». Haut potentiel : aptitude intellectuelle particulière, associée à une extrême sensibilité. L’enfant à haut potentiel se désintéresse de l’orthographe. Il peut masquer d’éventuels troubles dys par son intelligence. Le Dr Revol a
été invité à l’occasion de
l’assemblée générale d’Apedys
Lorraine (Association pour les Parents d’Enfants Dys). Depuis
sa création en 2004, Apedys réclame la formation initiale et continue des
enseignants pour le repérage des signes prédictifs et l'adaptation des
exigences pédagogiques ainsi que la
possibilité de dispense de la seconde langue vivante en classe et aux examens
comme cela existe pour les malentendants. Apedys Lorraine est membre d’Anapedys Pour plus de renseignements : 03.87.80.54.70 ou Apedys57@wanadoo.fr |